
Natalia Treviño est une directrice artistique et une chef décoratrice sur des films et des séries télévisées. À 34 ans, elle a déjà travaillé sur de nombreux projets comme, entre autres, Lucifer (2014) de Gust Van Den Berghe et 55 steps (2017) de Bille August. Elle décrypte pour nous en quoi consiste son job, et nous livre ses conseils.
Comment a commencé ta carrière dans le secteur audiovisuel?
J’ai commencé mes études dans le Design Industriel au Mexique, tout en développant la scénographie pour des événements étudiants et en suivant des cours de photographie. Après cela, j’ai déménagé à Madrid pour étudier la direction artistique et la scénographie dans une petite école de cinéma et de théâtre dans différentes disciplines de l'industrie des médias.
J’ai toujours été attirée par l'idée de créer des designs pour le cinéma et c’était l’opportunité d’explorer ce côté-là. J'ai beaucoup appris en échangeant des connaissances et des expériences avec des camarades de classe qui suivaient d'autres cours, tels que la réalisation et la direction de la photographie. Lorsque j’ai terminé mes études, j’ai trouvé un emploi par l’intermédiaire d’un ami dans le département artistique d’une série télévisée au Mexique.
Peux-tu décrire les jobs de directeur artistique et chef décorateur lors de la réalisation d’un film?
Le directeur artistique d’un film est la personne qui supervise l’ensemble du bilan financier du projet, respecte le budget du film, engage d’autres membres de l’équipe tels que les constructeurs, peintres, décorateurs ensemblier, etc., élabore les plans de construction et coordonne tous les travaux de construction sur le tournage. C’est également la personne responsable du planning du département artistique: elle suit le travail du concepteur artistique et du reste de l’équipe. En Belgique, il est fréquent que le concepteur artistique (production designer) fasse aussi office de directeur artistique pour son propre projet.
Quant au chef décorateur, il s’agit de la personne qui matérialise la vision du concepteur artistique. C’est le directeur en ce qui concerne l’habillage de tout le plateau. Il est responsable du choix des meubles, du papier peint, des rideaux, des sources de lumière (avec le directeur de la photographie), des revêtements de sol et de toute la décoration nécessaire.
La plupart du temps, nous créons des sous-histoires au sein des personnages pour habiller leurs maisons, leurs appartements, leurs espaces de travail, leurs salles de classe, afin d'en dire un peu plus sur eux et sur l’histoire aux spectateurs. Consciemment ou inconsciemment, chaque décision concernant le mobilier, les textures, les matériaux, les tissus, etc. contribue à façonner une identité qui définit un personnage ou un moment dans un film.

Comment as-tu décroché ton premiers job ?
Mon premier job dans une série télévisée m’a donné la chance de rencontrer d’autres débutants de l’industrie cinématographique de ma ville. Grâce à mon formidable directeur à l’époque (un concepteur artistique) et à notre travail acharné, nous avons pu travailler sur d’autres projets, sur des clips vidéos, sur des courts métrages et puis des longs métrage.
Que faire pour se démarquer lorsqu’on est freelance?
Je pense que pour se démarquer, il est important de s'entourer d'autres professionnels et de grandir ensemble. Il faut être sérieux dans son travail mais aussi mettre tout son cœur dans chaque projet.
Est-ce que le réseau est important dans ton métier, et quel est ton conseil pour agrandir ce réseau?
Oui, c’est important. En tant que membre du département artistique, tu ne dois pas être sur le plateau tout le temps, ni rencontrer toutes les personnes de la production. Parfois, tu dois travailler à l’avance sur d’autres plateaux ou même sur des lieux qui se trouvent dans une ville différente. C’est donc important de rester en contact avec tout le monde quand tu en as l’occasion, et aussi de laisser ton travail parler pour toi.
Quel conseil donnes-tu aux jeunes diplômés qui souhaitent se lancer dans l’industrie du cinéma?
Travailler dans l’industrie cinématographique demande beaucoup de force, de motivation et de savoir travailler en équipe. Mon conseil, c’est de toujours rester honnête avec tes collègues au sein de chaque département, de s'entraider et de se faire confiance mutuellement. Le monde du cinéma peut être difficile et stressant, mais je me mets toujours à la place de l’autre lorsqu’il faut trouver une solution à un problème, et j’ai l’impression que cela m’a ouvert des portes.